Vous êtes ici : Accueil > Histoire de l’art > Goya > Goya, El tres de Mayo, 1814
Publié : 3 mars 2010

Goya, El tres de Mayo, 1814

- Nom de l’artiste : Francisco de Goya
- Titre de l’oeuvre : Tres de mayo
- Date : 1814
- Technique : Peinture sur toile
- Dimension : 345x266cm
- Lieu de conservation : Musée du Prado, Madrid

JPEG - 1.1 Mo

Les 2 et 3 mai, à Madrid, a lieu une révolte visant à empêcher le départ pour la France de l’Infant Francisco de Paula, dernier membre de la famille royale encore à Madrid. Dans la nuit du 2 au 3 mai 1808 les soldats de l’armée napoléonienne - en représailles à la révolte du 2 mai - exécutent les prisonniers espagnols.

Pour les Espagnols, le 2 mai est devenu le symbole du courage et de la liberté. Goya rend hommage aux victimes de cette révolte contre l’occupant français en Espagne, à l’occasion d’une commande officielle du gouvernement espagnol.

Le sujet de la toile, sa présentation en font l’une des représentations les plus connues de la dénonciation des horreurs liées à la guerre.

La scène décrite dans Tres de Mayo se tient dans les premières heures du matin qui suit le soulèvement et est centrée sur deux masses d’hommes : un groupe désorganisé de captifs tenus pratiquement à bout portant par les fusils d’un peloton d’exécution posant de façon rigide. Bourreaux et victimes se font face.
Immédiatement à la droite de ce groupe et au centre de la toile se trouve les figures d’autres condamnés se tenant en ligne dans l’attente d’une exécution future.

La figure centrale de la toile est l’homme à genoux entre les corps de ceux déjà exécutes, les bras ouverts est brillamment éclairé. Il a les bras ouverts, comme un crucifié, un martyr. Pour accentuer la position christique de l’homme, Goya a placé sur sa main droite un stigmate, signe chrétien de la crucifixion. []Ses habits jaunes et blancs répètent les couleurs de la lanterne.

Lumière  : Une lanterne carrée située entre les deux groupes projette une lumière dramatique sur la scène. La zone la mieux éclairée est celle des victimes sur la gauche. Jouant du contraste des couleurs — l’éclat de la chemise
blanche de l’un des fusillés s’oppose à l’ombre et à l’anonymat dans lesquels sont maintenus les soldats —, il a volontairement accentué le caractère dramatique de la scène. Sur la droite se tient le peloton d’exécution, pris dans les ombres et dépeint comme une unité. On peut apercevoir dans l’obscurité, à l’arrière plan, un village et un clocher qui se découpent au loin.

Expression  : Désirant se faire le témoin de ces massacres, l’artiste choisit de montrer sur chaque visage la réaction de chacun face à la mort. On peut lire la terreur sur le visage de l’homme en blanc. Ses yeux ne quittent pas
les fusils des soldats, tueurs anonymes dont on ne distingue pas le visage. Pratiquement vus de dos leurs visages ne peuvent être vus, leurs baïonnettes et leurs couvre-chefs militaires forment une colonne.

Influences  : Tres de Mayo a été la source d’inspiration de nombreuses autres toiles dont celle de Manet, l’execution de Maximilien, 1867 ainsi que les toiles de Picasso, Le Massacre en Corée, 1951.

Pour en savoir plus, télécharger ce document intéractif

Zip - 5.2 Mo