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Publié : 4 février 2010

Le style visuel de Persepolis

Dans la BD, les dessins sont en noir et blanc. Les contours sont travaillés soit en noir, soit en blanc. Aucun contraste, tout en aplat et les fonds, noir ou blanc, renforcent la vision des personnages, de leur silhouette. En adaptant sur grand écran son œuvre, Marjane échange les fonds en noir et blanc par des fondus au noir, de grands ombres qui viennent envahir le plan, des fondus enchainés.
Pour donner une impression de mouvement même entre les plans, Marjane utilise des fondus au noir, des fondus enchainés et des fondus au blanc. Les fondus au noir closent une scène ou un épisode et offrent du temps avant une nouvelle aventure. Ils sont une pause entre les plans. L’usage du fondu enchainé permet de relier une image à une autre. Des panoramiques, avant et arrière resituent régulièrement le personnage dans le lieu.
Si Marjane refuse la couleur en BD, elle a dû se plier aux exigences de l’animation, aux 24images/ s. Dans le film, la scène d’ouverture qui se déroule à l’aéroport d’Orly présente l’image en couleur d’une exilée qui aimerait repartir. Elle s’apprête à quitter l’Europe pour l’Iran et pour cela, elle doit modifier son apparence physique en se couvrant d’un foulard. Marjane Satrapi n’encombre pas son décor. Lors des scènes dans l’aéroport, seuls quelques personnages sont taches de couleur et le ciel qui voit l’envol des avions est bleu.

Persepolis est construit en flash back en noir et blanc. Opposant la couleur du présent à une palette de gris pour traiter le passé, Persepolis garde son graphisme épuré et utilise la force des contours pour faire bouger ses personnages. Les visages sont expressifs. Les silhouettes noires sont envahissantes mais permettent de reconnaître d’emblée les personnages principaux.
Les moments de danger sont toujours dessinés en ombre chinoises, la foule, les silhouettes noires viennent souvent envahir l’écran. Le noir bouleverse le cadre, efface les corps, dévore, s’étale (tache de sang).

Les ombres peuvent servir la crainte qui s’empare de Marji . Par ex : l’adolescente interceptée par deux extrémistes au moment où elle achète une cassette d’Iron Maiden : le noir des tenues envahit l’écran, menaçant d’étouffer l’enfant. Ces femmes ressemblent à des serpents qui menacent Marji.

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