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Publié : 4 février 2010

Analyse comparative d’affiches

Voici une analyse comparative de deux affiches du même film : Persepolis. L’une est française et l’autre est américaine. On constate des différences entre les deux.

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L’affiche française (design de l’affichiste Pierre Collier d’après les dessins de Marjane Satrapi) est la traduction d’une vie de famille idéalisée par les souvenirs d’enfance. L’influence et la relation aux parents comme à une grand-mère vénérée aux côtés de laquelle se place Marjane Satrapi sont immédiatement perceptibles. Il n’y a, par conséquent, aucune présence sur l’affiche d’une quelconque violence, ni physique ni psychologique, ni évocation d’un poids historique, politique ou religieux. Ce qui doit frapper, quand on connait l’œuvre mise à l’affiche, c’est le contraste entre la réalité d’un véritable état policier et la sérénité très occidentale (immeubles en arrière plan, pas de signes religieux ou ethniques, ni de vêtements traditionnels) d’une famille montrée comme irrésistiblement unie. Le titre Persépolis vient du nom de la capitale de l’Empire Perse Achéménide, du VIème au IVème siècle avant J.C. Marjane Satrapi, enfant confiante, seule habillée en blanc et noir, face à un monde adulte plus sombre, illustre physiquement ce brusque glissement d’une époque à une autre. Noir et blanc, encore, pour le titre et le fond de l’affiche, pour le rapport entre rêve (bleu…), souvenir et réalité.

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Il est intéressant de constater les modifications apportées dans la version américaine de l’affiche : outre les mentions de critiques élogieuses et du prix de la sélection cannoise, c’est le choix du recentrage sur la famille, et par conséquent la disparition de l’arrière-plan urbain visible sur la version française.
L’accroche virulente (Le film que l’Iran ne voulait pas laisser voir au monde), le choix de montrer Marjane Satrapi (enfant) en opposition/rébellion avec le cercle intime familial tout autant qu’avec les conventions sociales et religieuses traditionnelles, dans une pensée résolument féministe (les yeux ouverts et la cigarette-crayon à la main, dans une reprise directe d’une scène du film), nous désigne Persépolis comme un pamphlet révolutionnaire, traduit par le vêtement rouge porté par l’auteur sur cette version, en accord avec le personnage dans le film, et à la différence de la version album, uniquement en noir et blanc…
La force de son graphisme, comme l’affiche l’indique, c’est aussi de resituer son combat dans le souvenir et la perspective historique, de le faire avec un humour et une lucidité