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Publié : 20 janvier 2010

Les étapes de fabrication du film Persepolis

Collaboration Marjane Satrapi / Vincent Paronnaud :
Elle est née en 1969 en Iran sous le régime du chah dans une famille de militants communistes. Elle grandit et étudie au lycée français de Téhéran puis poursuit ses études à Vienne, en Autriche. De retour en Iran, elle s’inscrit aux Beaux Arts de Téhéran. En 1994, elle s’installe en France où elle fait des études pour devenir graphiste. Elle vit et travaille à Paris. Elle raconte sa vie dans 4 volumes d’album de BD. Le noir et blanc est une façon de mettre en valeur les expressions des personnages, d’encadrer les visages, de souligner leurs propos. Elle simplifie au maximum. Le succès est tel que l’adaptation au cinéma s’impose, elle se tourne vers l’animation 2D du dessin animé traditionnel. En 2000, elle rencontre Vincent Paronnaud et décide travailler ensemble.
Leur collaboration se retrouve dessinée en ouverture du film : Vincent est le jeune homme barbu qui regarde sa montre à coté de Marjane qui consulte les horaires de vol pour Téhéran. Les scènes ajoutées ont été traitées en couleur.

Sur la fabrication du film
Pendant trois ans les animateurs, les traceurs se sont relayés pour fabriquer le long métrage avec 80.000 dessins !
- Marjane écrit l’histoire, Vincent l’aide à rédiger le scénario et le découpage.
- Story board : mettre en image le scénario avec toutes les indications du réalisateur
- L’ « animatique » est une sorte de maquette filmée du story-board. On met en place les éléments qui ne sont pas encore animés : on a la durée du plan.
- Enregistre le dialogue, bruitage au début pour créer un rythme. Les voix off ont été enregistrées avant la réalisation du film. Les animateurs avaient ainsi un matériau sur lequel travailler pour souligner les gestes, les expressions, les intonations.
- Création des personnages : proportion des personnages, les caractéristiques graphiques

Elle dessine 600 personnages de face et de profil ! Vincent s’occupe des décors alors qu’il n’y a aucun décor dans la BD. Il remarque que le noir et blanc si tranché dans la BD ne convient pas au cinéma : les personnages resteront en noir et blanc mais Vincent réalise les décors en dégradé de gris.
- Lay out : Le réalisateur de dessin animé enregistre image par image avec une caméra, une succession de dessins. C’est leur projection à la vitesse de 24 images par seconde qui reconstitue les mouvements. Selon la méthode « à l’ancienne » utilisée pour Persépolis, Il faut faire un « lay out » (schéma crayonné précis de chaque séquence et mouvement).
- L’animateur met ensuite au propre et dessine les phases-clés de chaque mouvement.
- Puis l’intervalliste calcule avec précision et ajoute les dessins intermédiaires nécessaires.

Tous les dessins ont été retravaillées au feutre, ils ont été tracés. La trace, en animation, correspond au moment où on finalise le trait, on lui donne son épaisseur. C’est un travail extrêmement délicat qui consiste à tracer au feutre les contours des personnages. Aujourd’hui, cela se fait à l’ordinateur, mais Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud ont voulu garder pour ce film un côté artisanal. Le traceur reporte ensuite les dessins (80 000 pour Persépolis) sur des cellulos avant que les gouacheurs les peignent.
- Le « line test » correspond au moment où l’on vérifie la qualité du mouvement au stade du trait, avant de passer aux étapes suivantes du dessin animé.