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Publié : 9 janvier 2010

Géricault, Le radeau de la Méduse, 1819

Technique : Peinture sur toile.
Dimension : 419x716cm.
Lieu de conservation : Musée du Louvre, Paris.

En 1816, Louis XVIII se réinstalle sur le trône de France.
Le 17 juin, le bateau La Méduse échouent à 160 km de la côte mauritanienne. Alors que des passagers privilégiés embarquent sur des canots, des marins et soldats doivent s’entasser sur le radeau de 20 m sur 7 avec peu de vivres.
Lorsque l’amarre avec les autres canots se brise ou est volontairement larguée, le commandant laisse les passagers du radeau livrés à leur sort.
Le 13 septembre 1816, un journal publie les révélations, le récit de la tragédie déclenche un scandale politique.

- Composition : Le tableau ne comporte aucune symétrie ; il présente beaucoup de désordre volontaire qui s’apparente au thème.
C’est une structure pyramidale sur une base instable (la mer). Au fur et à mesure de la conception de son tableau, Géricault a diminué progressivement la taille du bateau salvateur dans son tableau, pour n’en faire finalement
qu’un tout petit point à peine suggéré, rendant le salut des hommes en détresse incertain. De plus, si l’on observe les voiles du radeau, on remarque qu’elles sont gonflées par un vent qui pousse le radeau vers la gauche, c’est-à dire à l’opposé de l’autre bateau, dans le sens contraire de la lecture et, plus symboliquement, vers la mort.

- Expression : la toile inspirée d’un fait divers de l’époque, se déroule en mer, le radeau étant ballotté par les flots violents, les naufragés criant à l’aide afin qu’un navire vienne les secourir, les uns pleurant la mort d’un proche,
les autres agonisant. Le tableau conte ainsi, par toutes ces expressions de peur, d’angoisse, d’agonie ou encore d’espoir que l’on peut lire sur les visages des personnages.

-  Couleurs : La palette des couleurs utilisées dans Le radeau de la Méduse, très réduite, va du beige au noir, en passant par le brun clair et le brun foncé. On obtient ainsi une atmosphère générale de tons chauds, mais dégageant
une impression de détresse.

- Luminosité  : Le tableau, au premier abord, est plutôt sombre, mais la lumière provient de la partie supérieure gauche. C’est un éclairage de type dramatique

- Analyse :
Géricault commencera son tableau pendant les retentissements provoqués par les révélations des survivants. Le naufrage de la Méduse peut être symboliquement vu comme l’image d’une époque, celle de l’Empire. Ce tableau est une prise de position contre l’État monarchiste, qui a voulu étouffer l’affaire.
C’est un homme noir qui se tient à l’avant du radeau et fait signe au navire qui va sauver les naufragés. L’image est symbolique.
On peut également y voir une représentation de l’entrée de l’actualité alors qu’un tel format était habituellement réservé à la peinture d’Histoire.

-  Réalisme  : Géricault a, avant de peindre cette toile, mené une véritable enquête sur le naufrage de "la Méduse", réunissant tous les éléments pour créer un tableau réaliste. Cependant il ne l’exécuta pas. En effet, l’homme noir au sommet de l’échafaudage présente un dos musclé, alors qu’après 12 jours de famine. De même, les cadavres ont une peau pâle quelque peu idéalisée, et ils ne présentent pas les marques violettes de la décomposition. Chaque personnage est bien coiffé et rasé de près. Quant à la réalité contextuelle, elle n’est pas représentée : le jour où les naufragés furent retrouvés, la mer était calme, le ciel dégagé. Cependant Géricault aurait eu du mal à insuffler cette tension et ce désespoir en figurant une mer belle et un ciel bleu, aussi a-t-il transformé la réalité, montrant une mer agitée et un ciel tourmenté et sombre. En fait, il s’agit d’une oeuvre romantique.

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