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Publié : 3 mai 2010

Le contexte du film

Contexte historique :
La France occupée en janvier 1944. Des personnages, des éléments et des propos qui jalonnent le film rappellent sans cesse l’occupation.
-  Soldats allemands, officiers de l’aviation (restaurant), milice, gestapo…
A l’instar de la SS allemande, la milice française fut créée en janvier 1943 par Laval. Habillés en bleu foncé avec un large béret, ils contrôlaient les forces de police ainsi que la propagande.

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Dans la séquence du restaurant, un officiel allemand intervient pour mettre fin au zèle du
milicien. Cette scène souligne la méfiance des officiers de l’armée allemande à l’égard de cette police française qui a parfois devancé les pires exigences allemandes.

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-  Propos antisémites
(Joseph à Quentin : « T’es un vrai Juif ». Un élève voyant un Juif portant l’étoile jaune qui sort du bain – douche s’exclame : « Il est gonflé, celui-là ! »).

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Dès septembre 1940, dans la France occupée, les juifs étaient contraints de faire apposer un tampon sur leur carte d’identité et à partir de mai 1942, de porter sur leur vêtement une étoile jaune avec l’inscription JUIF
-  Questions de Julien à son frère sur les Juifs
(« C’est quoi un Juif. – C’est quelqu’un qui ne mange pas de porc. » la réaction du jeune garçon : « -C’est tout ? » souligne l’absurdité des thèses antisémites et de la ségrégation infligée aux Juifs).
-  Julien dit avec cruauté à Jean qu’ « Il n’y a plus de zone libre », lorsque celui-ci espère que sa mère, dont il n’a pas de nouvelles depuis 3 mois, s’y trouve en sécurité.
-  Progression du front. Couvre-feu. Résistance. Clandestinité. Perquisition. Arrestation. Déportation.
Les menaces planent en permanence, et le contexte de guerre est bien réel, mais tout n’est que suggéré dans le film. Suite à une dénonciation, la Gestapo fait irruption dans le collège. Le père Jean, résistant clandestin, et les trois enfants juifs sont emmenés. Julien ne devait plus jamais les revoir. Ils furent déportés à Auschwitz et à Mauthausen.
Dans ce film, Louis Malle arrive à aborder la guerre et l’holocauste sans surcharge de scènes de violence, sans manichéisme non plus, les Allemands ne sont pas tous mauvais et les collabos sont montrés de manière plus dure.

Janvier 1944  : omniprésence du froid, jusque dans l’expression des personnages, dans le choix des couleurs.
Malle voulait faire ‘un film en couleur sans couleur » : éclairage froid, couleurs éteintes, tel fut le parti pris esthétique du réalisateur.

Univers clos :
Lieu quasi-unique : l’internat constitue un microcosme. Le collège est un espace relativement protégé.
-  Le dortoir : devient l’espace de l’intimité, des secrets
-  La cour : lieu de représentation. On y prend des noms de héros historiques. On se confronte à l’autre sous les yeux d’autrui.
-  La classe : lieu de transmission du savoir
Tout ce qui vient de l’extérieur du collège est menaçant.
-  Forêt de Fontainebleau.
Elle se situe exactement au milieu du film. C’est un point de bascule dans la relation Bonnet / Quentin
-  Les douches municipales, le restaurant où les allemands sont présents
La structure du film : Un film clos : au début, la mère dit « -Bonjour les enfants ! » à la fin, le père Jean, arrêté par la gestapo les salue une dernière fois « -Au revoir les enfants ! » et ce n’est que là que le titre prend tout son sens. Le film démarre sur un quai de gare ; à la fin, le père juste (qui conservait des tracts résistants dans les tiroirs de son bureau) et les trois enfants juifs (Bonnet, Négus et Dupré) qu’il a cachés partent pour un « long voyage » dont la voix off nous dit qu’ils ne reviendront jamais. Tous seront déportés et exterminés à Auschwitz ou à Mauthausen.